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Un blog dédié aux petites fermes familiales

La Campagne des Ruraux

Un blog dédié aux petites fermes familiales

Les chèvres: polyvalents ces petits ruminants!

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Les chèvres: polyvalents ces petits ruminants!

La chèvre et ses nombreuses utilités dans votre petit élevage

La chèvre (Capra Hircus) est un mammifère domestique ruminant qui accompagne les êtres humains depuis plus de 10 000 ans. Selon de récentes recherches de Pierre Tarbelet et Jean-Denis Vigne du C.N.R.S, le bassin de domestication originel de la chèvre se situe au Nord-Ouest de l’Iran ou plus simplement dans ce qu’on appelle communément le croissant fertile.

Les chèvres, robustes, endurantes et familières fournissaient du lait en abondance aux hommes du néolithique.

Au moyen-âge, toute l’Europe occidentale connaissait l’élevage de chèvre. Les caprins, contrairement aux ovins, sont restés proches des maisons, attachés à des piquets ou broutant les abords des fermes : fossés et talus. Petites, dociles, les chèvres s’intégraient facilement au quotidien et étaient ainsi toujours disponibles pour les fermiers ayant besoin de lait.

L’élevage de chèvre n’a pas fondamentalement évolué entre le moyen-âge et le milieu du XXème siècle. Celles-ci demeuraient de bonnes pourvoyeuses de lait, de viande et fournissaient également du travail moteur puisqu’elles pouvaient tirer de petites carrioles, tracter de menus outils agricoles ou porter le bât.

Aujourd’hui, l’élevage professionnel français de chèvre est principalement laitier. Pourtant à l’échelle mondiale c’est la filière viande qui est la plus développée. L’élevage de chèvre angora pour la laine se développe à l’échelle française avec la filière : les mohairs de France.

Valorisée dans les filières professionnelles, les chèvres sont également de remarquables alliées du petit éleveur.

Peu exigeante et facilement apprivoisable la chèvre peut pourvoir des produits alimentaires, du travail, du textile et surtout une agréable compagnie !

Petit tour d’horizon des multiples atouts des chèvres :

L’éco-débroussaillage

Les chèvres sont des ruminants, elles possèdent un tractus digestif complexe composé de différents estomacs : le rumen, le réticulum et la caillette. Le principal est le rumen qui est une sorte de gros fermentateur composés de différents types de bactéries.

Les chèvres possèdent des bactéries cellulolytiques et lignolytiques qui permettent de décomposer la lignine (composé des parois cellulaires des arbres et arbustes) et la cellulose (composé des parois cellulaires des herbes et feuilles) en éléments nutritifs disponibles pour l’organisme.

Tous les ruminants possèdent, parmi d’autres, ces bactéries mais chez les chèvres ces deux classes de bactéries sont très développées ce qui explique pourquoi les chèvres s’orientent vers les arbustes, les ronces et autres plantes à caractère ligneux.

De plus, les chèvres ont un système digestif sensible aux parasites tels que les strongles, les nématodes et les ténias qui survivent à l’état larvaire sur les herbes à maximum 15 à 30 cm du sol. Ainsi, les chèvres préfèrent brouter à leur hauteur ce qui réduit le risque de contamination par les larves des parasites.

C’est le système digestif si particulier des chèvres (qu’elles ont en commun avec les vaches, les moutons, les chevreuils…) qui en font de bonnes débroussailleuses.

Ayant une mâchoire adaptée et une bonne agilité elles sont capables de juguler l’expansion de plantes envahissantes telle que les ronces ou les ajoncs sur des terrains difficiles.

Dociles, elles sont également capables de demeurer quelques heures ( et sous de bonnes conditions météorologiques) attachées à un piquet depuis lequel elles pourront débroussailler le talus, le fossé ou le coin de jardin de votre choix.

Ainsi, l’entretien de vos espaces est assuré et peut être combiné à d’autres productions…

La production de lait

Pour produire du lait, votre chèvre doit d’abord avoir des petits. Selon vos besoins vous pouvez traire un peu votre chèvre en plus de l’allaitement de ses petits ou séparer les chevreaux dès la naissance.

Une chèvre très laitière comme les races Alpines ou Saanen peuvent produire, avec une complémentation alimentaire adaptée (minéraux, luzerne et un peu de céréales maïs aplati, orge, (pas de blé !) produire jusqu’à 3.5 L de lait par jour si elles n’ont pas de chevreaux.

Si vous laissez un chevreau sous la mère vous pouvez compter retirer maximum 1 L par jour pour vous sans pénaliser le petit.

Le lait peut être consommé sous sa forme première ou transformé : yaourt, fromage…

La production de viande

La viande de chèvre ne se consomme pas beaucoup dans notre pays mais la consommation de chevreau est plus largement répandue. Si vous avez décidé de consommer la viande des chèvres ou chevreaux que vous élevez sachez que vos animaux doivent impérativement être identifiés par des boucles auprès de l’EDE (établissement départemental d’élevage) de votre département et avoir subi les tests prophylaxiques imposés par le gouvernement.

Le plus sur moyen d’obtenir de beaux morceaux de viande dans des conditions sanitaires irréprochables est de faire abattre son animal dans un abattoir agrée. Vous pourrez trouver des abattoirs de petites tailles qui acceptent de prendre les animaux des particuliers et qui pourront vous rendre des colis de viande en morceaux empaquetés et prêt à être mis au congélateur.

Pour un chevreau de 6/7 mois d’origine laitière (Alpine/Saanen), les poids de carcasse oscillent entre 11 et 20 kg.

La production de viande peut être totalement hors de propos pour certains, et c’est un avis très respectable. Toutefois, on ne peut exclure les multiples avantages qu’il y a à consommer une viande autoproduite :

  • On connait l’origine de la viande et on sait comment les animaux ont vécus et ont été nourris.
  • En ces temps économiques incertains, la viande de qualité est de plus en plus chères et l’élevage familial peut être un moyen de continuer à déguster une viande de qualité sans se ruiner.

Le lait et la viande sont les deux productions les plus connues, il existe encore d’autres moyens de collaborer avec des chèvres sur une petite ferme familiale…

La production lainière

La production de laine à partir de toisons de chèvre se développe à petite échelle en France à travers la filière Le mohair des fermes de France.

A votre échelle vous pouvez vous aussi entretenir des chèvres angoras et utiliser leur laine afin de vous tricoter quelques chaussettes, une écharpe ou un pull. Outre l'aspect lainier, les chèvres angoras sont douces, rustiques et de petites tailles ce qui les rends particulièrement adaptées aux petites fermes familiales.

La traction animale

Les chèvres ont longtemps été des animaux de bâts et étaient attelées à l’instar des bovins ou des chevaux. Elles peuvent tracter jusqu’à une fois et demi leur poids.

Que ce soit pour le loisir ou pour la traction de petits instruments de jardinage ou de remorques, vous pouvez utiliser vos chèvres comme de précieuses auxiliaires de transport ou de travail au potager ou pour vos enfants.

Je vous redirige vers cet excellent site anglais qui entre en détail dans les tenants et les aboutissants de l’attelage de chèvres : Harness Goat Society

Plus près de nous, l'association de sauvegarde et de promotion de la chèvre des fossés conduit des travaux sur l'attelage de chèvre et l'association Prommata offre un regard intéressant sur la traction animale dans l'agriculture et le (petit!) élevage moderne.

Comme on a pu le voir, la chèvre, facile à vivre et peu gourmande en terrain à une place prépondérante à tenir dans les petits élevages familiaux.

Si vous avez des questions, ou si vous souhaitez des précisions sur les infos de cet article, n'hésitez pas à me contacter par mail.

chevrettes des fossés

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